11
Nov
2014
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Vivre sur les toits

Une évolution nécessaire et durable à la fois

Sur une planète qui court allégrement vers 10 milliards d’habitants, l’artificialisation des espaces naturels a de quoi préoccuper : rien qu’en France, elle augmente de 6 000km2 par an. Or, elle regroupe essentiellement des espaces bitumés (transport et stationnement) et des toits.

Les nouveaux enjeux qui en découlent nous amènent à reconsidérer les fonctions de nos toitures.

Un aspect technique et environnemental

Les premières applications liées à l’usage des toits d’immeubles concernent les aménagements techniques : antennes relais des opérateurs de téléphonie, panneaux photovoltaïques, chauffe-eau solaires, éoliennes… Si ces derniers, destinés à capter les différents gisements d’énergie naturelle sont étroitement liés à l’environnement, la collecte des eaux pluviales et la création d’espaces naturels le sont encore davantage.

L’eau douce : l’or bleu

On le sait, l’eau douce potable est une ressource d’autant plus précieuse qu’elle se raréfie, et pas uniquement dans les régions particulièrement arides. Son utilisation excessive par une société occidentale douillettement installée dans son confort de vie (en France, 60 225 litres par personne et par an, sans compter l’énorme quantité d’eau nécessaire à la fabrication des biens de consommation courante, dite eau virtuelle), l’agriculture intensive et les traitements polluants qui s’y rattachent et l’augmentation de la demande lié à l’accroissement de la population lui confèrent une valeur qui se rapproche peu à peu de celle du pétrole. L’idée assez simple qui consiste à recueillir les eaux de pluie sur les toits plats est donc un enjeu de poids, ne serait-ce que pour une utilisation dans les WC qui représentent 35% de la consommation journalière.

Un énorme potentiel inexploité

À Paris, la surface potentielle de captage de l’eau de pluie sur les toitures plates est de 460 hectares. Quand on sait que la pluviométrie annuelle en Île de France est de 700mm au mètre carré, le résultat d’une récupération systématique donne le vertige : 3 220 000m3 d’eau par an, ce qui correspond à la consommation annuelle des chasses d’eau d’un parisien sur dix. Généraliser le processus à l’échelle nationale permettrait d’anticiper bien des problèmes d’approvisionnement en eau qui ne manqueront pas de surgir d’ici à quelques décennies.

Une biodiversité renouvelée

Bien sûr, l’aménagement systématique des toits-terrasses en récupérateur d’eau n’est pas envisageable. Toutefois, d’autres procédés comme la pose d’un substrat pour végétalisation ou plus simplement de gravier restent compatibles avec la récupération de l’eau de pluie (même si le rendement est nettement moindre). Mieux, ils opèrent une première filtration naturelle (sans pour autant rendre l’eau buvable), constituent un excellent moyen de fixer le CO2 tout en produisant de l’oxygène et permettent aux habitants de prendre possession des toits comme s’il s’agissait de terrasses traditionnelles.
Et les humains ne sont pas les seuls à profiter de la végétalisation des toits. Ceux-ci peuvent accueillir de nombreuses espèces d’insectes et d’invertébrés, et contribuer ainsi
à minimiser la perte de biodiversité en milieu urbain. Ils sont le lieu de nouveaux équilibres naturels où l’on peut même
implanter des espèces végétales en voie de disparition, et leurs cortèges faunistiques associés. On peut également y installer
des ruches, ce qui permet notamment la réintroduction des abeilles en ville, indispensables à la pollinisation des végétaux.

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