22
Sep
2014
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L’esprit rooftop

Le toit-terrasse : du rêve à la réalité

Né dans l’esprit d’un architecte visionnaire, le concept du toit-terrasse aménagé (ou rooftop en anglais) est devenu dès les années 50 synonyme d’évasion, de sociabilité et de convivialité pour les habitants des mégalopoles américaines. Soixante ans plus tard, ce mode de vie très tendance part à la conquête du monde entier.

C’est l’invention du béton armé, à la fin du 19e siècle, et une attirance de plus en plus marquée pour le modèle de la maison méditerranéenne, qui préfigure ce changement notable d’architecture. Dès 1920, la modernité se dessine avec des toits plats, au moins dans l’esprit de Le Corbusier dont le rêve ne se concrétisera qu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

La cité radieuse

Il dessine alors un immeuble collectif à Marseille qu’ilenvisage comme un village avec ses services, son laitier et son hôtel, son épicerie et sa piscine… sur le toit. La cité radieuse (ou comme la surnomment à l’époque certains Marseillais « la maison du fada ») est née. Un bâtiment construit sur pilotis, les troisième et quatrième étages conçus à l’image d’un centre-ville avec des commerces, des bureaux, un hôtel… Et la terrasse, plantée de cheminées de béton telles celles d’un paquebot, destinée à être un terrain d’activités de plein air, de sport, et d’exposition du corps au soleil.

Le made in France adopté aux USA

Si l’idée ne prend pas vraiment en France, de l’autre côté de l’Atlantique on retient la leçon. À New York ou à Rio, le toit des tours est colonisé dès les années 50 par des installations d’abord privatives et réservées à l’aristocratie urbaine. Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour que la classe moyenne new-yorkaise s’approprie à son tour les rooftops des immeubles et en fasse un espace de vie collectif d’où elle contemple la « Grosse Pomme » sous un angle nouveau. Et même si on est loin des penthouses et autres jardins paysagers privatifs avec piscine des beaux quartiers comme Soho, ces espaces de liberté perchés au sommet du monde offrent une convivialité à nulle autre pareille.

Un univers à part entière

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les rooftops, plus en vogue que jamais à New York, sont aujourd’hui reconvertis en bars, restaurants, mais aussi en jardins potagers collectifs avec volières et clapiers, en cours d’école, en exploitations agricoles ou apicoles, en cinémas de plein air, en terrains de tennis, voire de football, etc.
Il faut dire que le prix au m2 et la densité urbaine créent la nécessité… mais il n’y a pas que cela ; la tendance est à l’écologie, aux espaces verts, au bio et à la liberté qui parfois semble faire défaut sur le plancher des vaches… des notions qui vont précisément dans le sens de ce qui constitue un véritable mode de vie.

Sous les étoiles

En quelques années, le rooftop s’est répandu comme une traînée de poudre partout dans le monde, de Dubaï à Moscou, en passant par Singapour, Bangkok, Tokyo, Londres, Berlin, Paris, Marseille ou Lyon. Si c’est d’abord l’aspect commercial qui prime avec l’installation de bars et de restaurants sur le toit des immeubles, des hôtels ou des usines, comme le Nüba et le Mama Shelter à Paris, La Friche à Marseille ou Le Sucre à Lyon, l’idée de Le Corbusier fait à nouveau son chemin dans l’esprit de quelques architectes novateurs qui feront bientôt de son rêve une réalité dans l’hexagone, en favorisant le contact entre les résidents d’un même immeuble et en leur offrant le ciel, le soleil et la lune comme voisins.

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