5
Déc
2014
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Des fermes entre ciel et terre

L’agriculture bio prend de la hauteur

Chicago, New York, Montréal, Amsterdam, Bruxelles, Paris, Romainville… Chacune de ces villes accueille déjà des fermes sur le toit de ses immeubles ou ont un projet de ce type à court terme. Après l’Amérique du Nord, leader en la matière, la France s’y attelle.

Ce n’est pas un hasard si chacun des candidats aux dernières élections municipale de Paris avait dans sa besace un projet d’agriculture urbaine. Ainsi, Christophe Najdovski (EELV) prévoyait-il l’installation d’une ferme de 2,5ha sur le toit du réservoir d’eau de Montsouris tandis que Anne Hidalgo envisageait de végétaliser 100ha de toitures et façades intramuros et d’en consacrer un tiers à la production maraîchère et que Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) projettait de construire à Bercy-Charenton une serre de trois étages, soit 30 000m2 de cultures vivrières…

Une prise de conscience globale

Mais l’idée n’avait pas attendu les élections de 2014 pour prendre forme. Outre le plan biodiversité, adopté le 15 novembre 2011 par le Conseil de Paris, qui prévoyait la création de 15 nouveaux jardins en terrasse accessibles au public, certaines associations de jardiniers avaient déjà commencé à investir les toits bien avant. Aux portes de Paris, l’association des femmes maliennes de Montreuil (AFMM) cultive plus de 1 000m² sur le toit d’un grand magasin depuis les années 2000. L’association Lafayette Accueil, quant à elle, a investi en 2009 le jardin perché sur le toit du gymnase des Vignolles, dans le 20e arrondissement parisien. Près de 800m² sont ainsi à la disposition de l’association, orientée vers la réinsertion de personnes en situation d’exclusion.
Preuve supplémentaire de la prise en compte par les pouvoirs publics de l’enjeu que représente la cultivation des toits-plats : depuis le 15 novembre 2011, le plan biodiversité adopté par le Conseil de Paris prévoit la création d’au moins 15 jardins en terrasses accessibles au public.

Agroparistech : un labo sur le toit

En dépit des réussites qu’enregistrent déjà les associations pré-citées et les fermes sur les toits outre-Atlantique, des tests sanitaires sont en cours.
Depuis 2012, deux chercheurs ont investi le toit de l’école AgroParisTech, en plein cœur de Paris. Avec l’aide du Musée du Vivant et de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), ils ont transformé cette vaste terrasse de 800 mètres carrés en potager expérimental.
Les expériences qu’ils y mènent visent à s’assurer de l’innocuité des aliments cultivés en ville. Et les premiers résultats sont encourageants ; ils montrent en effet que les légumes cultivés sur les toits ne sont pas plus pollués que ceux qui sont vendus dans les commerces.

Du bio sur les toits des villes

Partant de ce constat, la jeune société UrbAgri propose de créer des filières agricoles bio en ville, en haut des immeubles. Parmi ces cibles pour déterminer ses sites d’implantation : les entreprises, les bailleurs sociaux, les communes, les propriétaires fonciers.

Si quelques dizaines de mètres carrés peuvent suffire, l’idéal serait de disposer de 600m² et d’une profondeur de terre de 50cm. On pourrait dès lors produire hors-sol – et bio – toutes sortes de cultures maraîchères : tomates, radis, salades, carottes, concombres, fraises, framboises et une véritable filière agricole – production, valorisation, vente – pourrait être créée en pleine ville.

Demain, nous consommerons les fruits et légumes cultivés sur notre propre toit ou sur celui de l’immeuble voisin. Des fruits et légumes bio avec un bilan carbone proche de zéro.

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