11
Déc
2014
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Covoiturage
Des voitures et des VOM*

Augmentation du coût des transports publics et des carburants, besoin de convivialité, sont les premiers arguments avancés par les covoitureurs et leurs passagers pour justifier de ce nouveau mode de déplacement. Mais il s’agit avant tout d’un moyen malin, économique, écologique et moderne de voyage qui séduit plus de 3 millions de français.

Le covoiturage, en d’autres termes : « l’utilisation conjointe et organisée d’un véhicule, par un conducteur non professionnel et un ou plusieurs tiers passagers, dans le but d’effectuer un trajet commun », procure divers avantages.
D’un point de vue individuel, il permet d’économiser les dépenses de carburant et de maintenance, d’agrémenter les voyages et de développer le lien social ; d’un point de vue collectif, il permet d’augmenter le taux de remplissage des véhicules, de diminuer les embouteillages ainsi que la pollution et les accidents de la route.

60 ans d’hésitation…

Bien que la genèse du covoiturage européen remonte aux années 1950, sous l’impulsion d’associations d’auto-stoppeurs (le mot lui-même n’est apparu qu’en 1989), l’engouement dont il fait aujourd’hui l’objet en France aura attendu près de 60 ans pour se manifester. Et c’est pour une grande part Internet (avec ses 80 sites spécialisés) qui a contribué à l’émergence de cette pratique en facilitant les contacts entre conducteurs et passagers.
En Amérique du nord où le covoiturage se pratique depuis longtemps et de façon intensive, ce sont 4 000 km de voies qui sont réservées aux véhicules à occupation multiple (VOM) et 130 programmes dédiés qui sont en cours d’élaboration dans plus de 30 villes. De quoi faire rêver les covoitureurs français…

Quid dans l’hexagone ?

Comme partout dans le monde, ce sont les grandes villes françaises qui sont les premières touchées par la mono-utilisation des véhicules de tourisme. Une étude récente démontre que 83% des véhicules sont occupés par une personne sur le trajet domicile-travail, 15% par deux personnes et 1,5% par trois personnes… Un constat effarant qui valide l’idée selon laquelle le covoiturage est le remède aux embouteillages et qui a donné lieu à divers projets, tel que le plan de déplacement urbain en Île de France (PDUIF).
pduif
Celui-ci prévoit de réserver des voies sur les autoroutes, aux autobus, taxis et covoitureurs dès 2015. L’idée n’est pas nouvelle ni spécifique à la capitale. Depuis quelques années, l’agglomération bordelaise planche sur un projet de voie réservée au covoiturage sur la rocade, longue de 42 km. La région francilienne travaille également au développement d’une douzaine de voies dédiées (VOM) sur les autoroutes A1, A6 et A10.

Les projets fleurissent

Si Bordeaux et Paris y travaillent d’ores et déjà, d’autres villes tardent à y consacrer du temps et de l’argent. Du coup, des indépendants n’hésitent pas à proposer des projets d’envergure consacrés aux VOM pour les grandes villes de France.
L’un de ces projets, celui de M. Hubert Proffit, est particulièrement sérieux et documenté. Il a été remis à plusieurs hauts responsables. Gageons que cela permettra d’avancer… rapidement.

Voir le projet

Précisons tout de même qu’en dépit de notre retard en matière de covoiturage, la France a vu naître l’une des entreprises privées les plus actives dans le domaine, à savoir BlaBlaCar, leader mondial du covoiturage présent dans 13 pays avec plus de 10 millions de membres. À noter la disponibilité de la nouvelle appli mobile de la startup française sortie le 15 octobre dernier. Un must.
BlaBlaCar

* Voies réservées aux Véhicules à Occupation Multiple.

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